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Formule haute

Tous risques : ce que la formule couvre vraiment

Une seule garantie sépare le tous risques de l'intermédiaire : les dommages tous accidents, qui indemnisent votre voiture même lorsque vous êtes responsable ou qu'aucun tiers n'est identifié. Tout le reste du débat porte sur trois paramètres que les plaquettes commerciales mentionnent peu : la franchise, le plafond fixé à la valeur du véhicule, et la vétusté appliquée aux pièces.

Ce que couvre exactement le tous risques

La garantie dommages tous accidents, parfois appelée dommages collision élargie, prend en charge les dégâts subis par votre propre véhicule quelle que soit votre responsabilité. Trois situations la déclenchent en pratique : l'accident dont vous êtes responsable, le choc contre un obstacle fixe ou un tiers non identifié, et le renversement sans collision. C'est la seule formule qui indemnise le conducteur ayant abîmé sa voiture tout seul.

GarantieStatut en tous risquesPrécision utile
Responsabilité civile et défense-recoursIncluseSocle commun à toutes les formules
Vol, incendie, bris de glaceIncluseReprise intégrale du bloc intermédiaire
Catastrophes naturelles et technologiquesIncluseFranchise légale de 380 € non rachetable
Dommages tous accidents, en tortIncluseLe cœur de la formule ; franchise systématique
Accident sans tiers identifiéIncluseTrottoir, plot, mur, animal sauvage non identifié
Tempête, grêle et événements climatiquesIncluseQuasi systématique à ce niveau de gamme
Vandalisme et dégradations volontairesSelon contratSouvent inclus, parfois avec franchise majorée
Garantie valeur à neufSelon contratDurée limitée, de 6 à 36 mois selon les offres
Panne mécanique et usureExclueRelève d'une extension de garantie constructeur
Dommages en conduite sous alcool ou stupéfiantsExclueExclusion contractuelle classique côté dommages
Usage non déclaré, compétition, circuitExclueY compris journées de roulage organisées

Le mot « tous » n'a donc rien d'absolu : il désigne l'origine des dommages couverts, pas l'absence de limites. La différence avec un tiers étendu tient à une ligne du tableau, mais c'est celle qui coûte le plus cher à l'assureur, d'où l'écart de prime.

Franchise, plafond, vétusté : les trois limites

La franchise s'applique à chaque sinistre dommages, y compris lorsque vous n'êtes pas responsable mais que le tiers reste inconnu. Elle se situe couramment entre 150 et 800 € selon les contrats, et se négocie : une franchise haute fait baisser la prime, une franchise basse la fait monter. Certains contrats appliquent une franchise majorée pendant les premières années de permis ou après un sinistre responsable.

Le plafond d'indemnisation est la valeur du véhicule au jour du sinistre, telle que l'expert l'établit à partir des cotes de marché, de l'état, du kilométrage et des options. Ce montant, appelé valeur de remplacement à dire d'expert, est presque toujours inférieur à ce que le propriétaire estime. Il n'a aucun rapport avec le capital restant dû d'un crédit, ce qui explique le décalage douloureux en cas de perte totale sur un véhicule financé.

La vétusté intervient sur les pièces remplacées : l'assureur applique un abattement lié à l'usure quand la réparation remet le véhicule dans un état supérieur à celui d'avant sinistre. Les barèmes varient et certains contrats haut de gamme y renoncent sur les premières années. Le sujet est développé dans notre guide sur la valeur à neuf, qui explique aussi comment cette garantie neutralise temporairement la décote.

Ce que la valeur à neuf couvre vraiment : elle ne s'applique qu'en cas de perte totale ou de vol non retrouvé, sur un véhicule acheté neuf par le souscripteur, pendant une durée contractuelle courte, souvent de 6 à 36 mois. Passé ce délai, certains contrats prennent le relais avec une indemnisation majorée dégressive. Lisez la durée exacte : c'est l'élément qui varie le plus d'un assureur à l'autre.

Prix moyens et écarts constatés

La prime moyenne toutes formules confondues s'établit en 2026 autour de 700 € par an. Le tous risques se situe nettement au-dessus, dans un ordre de grandeur estimé de 850 à 900 € par an, contre environ 550 € pour un tiers. L'écart n'est cependant pas constant : il se resserre sur les profils très bonifiés et explose sur les jeunes conducteurs, que les assureurs tarifent lourdement sur la garantie dommages.

Profil ou véhiculePrime annuelle estiméeSurcoût face au tiers
Citadine récente, conducteur bonus 0,50600 – 800 €+200 à +300 €
Berline compacte, conducteur moyen850 – 1 000 €+300 à +400 €
SUV familial récent950 – 1 300 €+350 à +500 €
Jeune conducteur, véhicule récent1 600 – 2 600 €+700 à +1 200 €
Franchise portée de 300 à 800 €−8 à −15 % de primeLevier de réglage le plus direct

Ces fourchettes sont des estimations. Le poids du modèle est ici plus fort que dans les autres formules, puisque l'assureur supporte le coût des réparations : deux véhicules de valeur identique mais aux pièces détachées inégalement chères se tarifent différemment. Le détail des facteurs figure sur notre page prix de l'assurance auto.

Quand la choisir, quand l'éviter

Le tous risques s'impose

Sur tout véhicule financé. En LOA ou en LLD, le loueur reste propriétaire et exige contractuellement la couverture dommages. En crédit affecté, l'organisme prêteur applique la même logique. La formule est donc de fait imposée, et la vraie marge de manœuvre porte sur la franchise et l'assureur choisi.

Sur une voiture neuve ou de moins de trois ans. La décote est rapide et la valeur restante importante : un accident responsable non couvert représenterait une perte de plusieurs milliers d'euros.

Quand le budget ne peut pas absorber un choc. Si un sinistre responsable vous obligerait à emprunter pour réparer, la formule joue son rôle premier, qui est de lisser un risque impossible à porter seul.

Le tous risques devient inutile

Quand la cote passe sous le seuil de bascule. Le calcul est simple : surcoût annuel de la formule face à un intermédiaire, rapporté à la cote diminuée de la franchise. Au-delà d'un quart de l'indemnisation espérée par an, la formule ne se justifie plus.

Sur un véhicule ancien mais bien entretenu. L'attachement au véhicule ne change pas l'indemnisation : l'expert retiendra la cote de marché, pas la qualité de l'entretien, et l'écart de prime part en pure perte.

Quand la franchise avale l'indemnité. Sur une voiture cotée 3 000 € avec 800 € de franchise et une vétusté appliquée aux pièces, le reste à charge après sinistre reste élevé alors que la prime, elle, est payée chaque année.

Quand le kilométrage est très faible. Un véhicule qui roule 4 000 km par an cumule peu de risques d'accident responsable ; l'arbitrage bascule souvent vers l'intermédiaire, éventuellement au kilomètre.

Passer au tous risques

  1. Vérifiez ce que votre financement exige — Relisez les conditions de votre LOA, LLD ou crédit : elles précisent le niveau de garanties attendu et parfois un plafond de franchise à ne pas dépasser. Une franchise trop élevée peut vous mettre en défaut vis-à-vis du loueur.
  2. Fixez la franchise avant de comparer les prix — Demandez tous les devis avec la même franchise, sans quoi les écarts affichés ne veulent rien dire. Simulez ensuite l'effet d'un passage à la franchise supérieure sur la prime annuelle.
  3. Lisez la clause de valeur à neuf — Durée exacte, conditions d'achat neuf, cas de déclenchement, indemnisation dégressive au-delà. C'est le poste où deux contrats de prix identique peuvent différer de plusieurs milliers d'euros en cas de perte totale.
  4. Contrôlez le traitement de la vétusté — Barème appliqué aux pièces, éventuel abandon de vétusté les premières années, sort des pneumatiques et de la batterie de traction sur un véhicule électrifié.
  5. Ajoutez ce qui manque encore — Le tous risques ne comprend pas systématiquement une garantie du conducteur au capital suffisant, ni un véhicule de remplacement. Ces arbitrages sont détaillés dans notre page sur les garanties optionnelles.
  6. Faites émettre l'avenant avant la date souhaitée — La montée en garanties prend effet à l'émission de l'avenant, pas à la demande. Conservez la confirmation écrite de la date et vérifiez le nouveau tableau de garanties reçu.

Questions fréquentes

Le tous risques rembourse-t-il le prix d'achat de la voiture ?

Non, sauf pendant la durée limitée d'une garantie valeur à neuf. En régime normal, l'indemnisation est plafonnée à la valeur de remplacement du véhicule au jour du sinistre, c'est-à-dire sa cote de marché, dont on retire ensuite la franchise. Sur une voiture de trois ans, l'écart avec le prix payé dépasse souvent 30 % du montant initial.

Le tous risques est-il obligatoire en LOA ou en LLD ?

Aucune loi ne l'impose, mais le contrat de financement l'exige presque toujours, car le véhicule reste la propriété du loueur. Les conditions générales de LOA et de LLD prévoient une couverture des dommages tous accidents pendant toute la durée du contrat. Souscrire ailleurs qu'auprès du loueur reste possible : il suffit de fournir une attestation conforme aux garanties demandées.

À partir de quel âge du véhicule faut-il quitter le tous risques ?

Le basculement se situe généralement entre six et dix ans, mais la règle utile n'est pas l'âge : c'est le rapport entre le surcoût annuel de la formule et la cote du véhicule diminuée de la franchise. Quand ce surcoût dépasse le quart de l'indemnisation maximale espérée, la formule cesse d'être rentable et le tiers étendu prend le relais.